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Dimanche de la Santé - Évangile de Saint Marc


L'Évangile d’aujourd’hui nous raconte une journée de Jésus. C’est le sabbat, Jésus va à la synagogue, comme nous, nous allons à l'Église pour la messe.

"Ensuite, il revient à la maison de Simon et d’André avec d’autres amis Jacques et Jean. Or la belle-mère de Simon est au lit, avec de la fièvre ; sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. Il s’approcha d’elle, la prît par la main et il la fit lever…Le soir venu, on lui amenait tous les malades et il guérit toutes sortes de malades…
Le lendemain avant l’aube, Jésus se lève… Il sortit et alla dans un endroit désert et il priait… »
Constatons tout de suite que la journée de Jésus alterne entre des temps de prière et des temps où  il prend soin des autres.
Regardons  maintenant ce qui se passe dans la maison de Simon :
« Sa belle-mère est  au lit, avec de la fièvre…
sans plus attendre on parle à Jésus de la malade ! »
Jésus agit avec le consentement des personnes ; c’est toujours une démarche du malade ou de son entourage. Ici c’est l’entourage qui intervient.
Il est dit aujourd’hui : »on  parle à Jésus de la malade et plus loin, on lui amena tous les malades »
Nous voyons les amis de Simon servir d’intermédiaires entre la belle-mère malade et Jésus
Quand nous souffrons, nous avons besoin de solidarité active et empressée, de quelqu’un qui s’approche de nous.
Nous pouvons courir le risque de refuser de voir le malade et de ne rien faire comme le prêtre devant l’homme roué de coups sur la route de Jéricho.
Aujourd’hui, nous entendons l’appel de Jésus et aussi celui des personnes malades, handicapées et seules, l’appel à nous approcher d’elles, à oser les rencontrer ; "Jésus la prit par la main" prendre soin d’elle, c’est lui apporter notre présence, l’écouter, l’aider à sortir de son isolement…
Ce jour-là, Jésus le fit dans une maison de  Palestine. Ici, à Lyon, à Caluire et Cuire, c’est ce que font  ceux et celles qui visitent  et accompagnent les malades :  depuis le service évangélique des malades jusqu’aux associations de visiteurs de malades dans les hôpitaux et spécialement ici dans la paroisse de St. Côme et St. Damien où nous sommes  8 personnes à visiter les personnes âgées de la résidence de la Rochette et celle du Manoir… 8 personnes pour un total de 140 personnes en attente de visite, c’est peu aussi nous vous invitons à venir vous joindre à nous, et donner une heure tous les 15 jours ou plus souvent , pour vous approcher  et écouter une personne seule et quelquefois en mobilité réduite.
Notre rôle n’est pas de soigner, cela relève des équipes de soignants, médicales et para-médicales mais de donner une présence, un  cœur qui écoute qui leur donne la possibilité d’exprimer ce qu’elles vivent et ont vécu et indirectement nous les aidons à se lever dans leur être, pouvoir leur manifester qu’elles ont précieuses pour nous, qu’elles sont utiles pour les bien-portants…
Nombreuses sont les personnes qui disent dans un confidence : "ma vie ne vaut plus rien,je ne sers à rien ! "
Un jour, une dame qui ne pouvait se déplacer qu’en fauteuil roulant me le disait avec un accent de grande tristesse. A côté d’elle, il y avait une belle rose, je lui posais la question : »A quoi sert la rose ? » Elle est belle, elle donne son parfum sans bouger ! je lui dis » Par votre sourire, comme la rose vous nous donnez du soleil dans le cœur, vous nous donnez aussi du courage, de la patience ! » Ses yeux brillèrent de joie en saisissant tout ce qu’elle me donnait
les personnes âgées ont besoin d’être rejointes dans ce qu’ils offrent à la société. Elles ont besoin de nous comme nous avons besoin d’elles pour approcher ou découvrir la gratuité de l’amour, le courage de vivre dans la dépendance, la force de la fraternité et de la réconciliation.
Une autre confidence traduit un autre besoin essentiel, celui de retrouver Dieu comme créateur et sauveur. Ces personnes ont besoin de le dire à quelqu’un et peu à peu cela les aide à renaître à leur relation d’enfant de Dieu.

" Enfermée dans mon lit avec les barrières de protection, ce ne sont pas mes souvenirs qui m’aident à tenir le coup mais les prières apprises dans mon enfance. Je suis prête à mourir mais j’ai encore soif de vie, de cette autre vie, de cette sérénité, de cette paix qui vient au fond de moi, lorsque simplement, je récite le notre Père. Je sais que Dieu m’aime et que je compte pour Lui, je le remercie pour cette longue route, j’ai marché sans Lui mais j’ai confiance, je sais qu’Il m’attend !".
"Jésus la fit se lever".  S’approcher d’un malade, d’une personne seule, c’est toujours, d’une certaine manière, la mettre debout, la faire lever dans son être de personne humaine à part entière et  dans son être de fils et fille de Dieu !
Les personnes malades et âgées ont besoin de nous comme nous avons  besoin d’elles et Jésus a besoin de nous, de nos mains, de nos yeux, de nos cœurs pour manifester sa tendresse et sa puissance de guérison C’est les uns par les autres, les uns avec les autres que nous devenons frères et sœurs en Jésus et que nous cheminons vers le Père.