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Juin 2008 : Sortie paroissiale en Dauphiné

Jeudi 8 Mai 2008 - Sortie Paroissiale en Dauphiné : Notre-Dame de Chalais et GrenobleJeudi 8 Mai 2008 - Sortie Paroissiale en Dauphiné : Notre-Dame de Chalais et Grenoble

Cinquante paroissiens de Cuire (Saint Romain et Saints Côme et Damien) sont heureux de se retrouver ou de se découvrir dès potron-minet pour atteindre en autocar confortable et sous un soleil radieux le monastère de Chalais situé en Chartreuse sur un replat entouré de forêts et de falaises que l’on atteint par une route étroite et escarpée construite il y a cinquante ans depuis la Cité de Voreppe, porte du célèbre sillon alpin.

L’accueil est assuré par Sœur Françoise qui résume l’histoire presque millénaire de Chalais :

D’abord ordre spécifique créé par Saint Hugues, évêque de Grenoble au tout début du 12ème siècle, soit une vingtaine d’années après celui des Chartreux, il y aura rapprochement au 14ème siècle puis fusion avec la Grande Chartreuse jusqu’à la Révolution. Au milieu du 19ème siècle, le célèbre Père Lacordaire, dominicain et académicien, fait restaurer les bâtiments pour servir de noviciat puis maison de repos. À la fin du 19ème siècle, le domaine est acquis par la famille Nicolet-Courbier de Grenoble. Vers 1969, les moniales dominicaines d’Oullins puis de Chinon s’y installent et, pour vivre, créent une biscuiterie toujours bien active. Nous est exposée la vie quotidienne de prière et de travail : 6h, matines ; 8h : laudes (office) puis travail ; 11h30 : repas en silence ( lectures ) ; 14h30 : prière puis travail ; 17h30 : vêpres ; 19h : repas ; 20h45 : complies. Ces heures canoniales sont sonnées manuellement par la cloche de l’église. Sœur Françoise précise les étapes d’entrée en vie monastique : le postulat, puis le noviciat (voile blanc),

enfin l’engagement définitif (voile noir). À Chalais vivent 15 sœurs, plus actuellement 2 sœurs irakiennes ( chaldéennes ) qui sont postulantes. Le fondateur de l’ordre des frères prêcheurs, St Dominique (1170 - 1221), chanoine espagnol, s’est donné pour mission de convertir les cathares. Il réussit auprès des femmes si bien qu’il crée un monastère de moniales cloîtrées, avant un monastère de frères. Cet ordre contemplatif se doit de transmettre la parole de Dieu tout en pratiquant la vie monastique. Existent aussi des dominicaines apostoliques qui ont des responsabilités locales.

La visite de l’église romane de Chalais est commentée à l’aide d’une cassette audio. De style très pur et dépouillé, l’édifice orienté Est-Ouest se compose d’un chœur à chevet plat éclairé par un oculus et trois fenêtres en plein cintre, d’un transept dont la croisée est décorée d’une clé de voûte sculptée représentant l’Agneau portant l’étendard de la Croix entouré des quatre vivants (Apocalypse 4,7) devenus les représentants des quatre évangélistes : Marc, le lion ; Luc, le taureau ; Matthieu, l’ange ou une figure humaine ; Jean, l’Aigle.

11h25, la cloche appelle moniales et visiteurs à l’Eucharistie. Les dominicaines ont leur place à la croisée du transept, les fidèles dans la nef réduite à une travée (il y en avait quatre avant les guerres de religion) et, dans le chœur, les trois prêtres célébrants, dont le Père Michel Naffah. Les chants et hymnes magnifiquement animés par les moniales et l’Eucharistie concélébrée entraînent une ferveur intense qui peut inciter les participants à revenir à Chalais pour un pèlerinage personnel (cf. : Le site du Monastère Notre-Dame de Chalais).

Dans une salle d’accueil, les pèlerins de Cuire partagent un repas très convivial, l’adieu fraternel étant donné par Sœur Geneviève. Avant le départ sont commentés deux cadrans solaires verticaux très bien restaurés, l’un orienté au midi, l’autre à l’ouest.

Jeudi 8 Mai 2008 - Sortie Paroissiale en Dauphiné : Notre-Dame de Chalais et Grenoble

Le programme de l’après-midi est parfaitement respecté. À 15h30, Sophie, guide de l’Office de Tourisme de Grenoble, accueille les visiteurs dans l’agréable jardin de ville et commente l’importance de la Capitale du Dauphiné : 155 000 habitants, 60 000 étudiants, 300 laboratoires (en particulier dans le campus de Saint Martin d’Hères rassemblant grandes écoles, chercheurs et industriels) et un synchrotron international. Le site est remarquable : la ville est bâtie dans une vaste plaine entourée de hautes montagnes longées par l’Isère et son affluent, le Drac.

En deux heures de parcours pédestre dans la partie la plus ancienne de la ville qui couvre moins de 10 hectares, la guide, en s’arrêtant à l’Est du jardin, rappelle l’œuvre de François de Bonne, Duc de Lesdiguières (1543 - 1626), chef des huguenots du Dauphiné qui prend la ville par la montagne en 1590, devient gouverneur de la Province, Maréchal de France puis Connétable après avoir abjuré le protestantisme. Ce grand personnage construit des ponts, embellit la ville, bâtit son hôtel particulier devenu Hôtel de Ville de 1719 à 1967, ainsi que le Château de Vizille, une des résidences du Président de la République jusqu’en 1972.

Sur la Place Saint André se découvrent la façade de l’antique collégiale romane surmontée d’une flèche gothique et les magnifiques décors Renaissance de l’ancien Parlement du Dauphiné devenu Palais de Justice. Et l’on ne manque pas de signaler la statue du Chevalier Bayard dit « sans peur et sans reproche », né près de Grenoble en 1476 puis, sous un tout autre registre, le Café de la Table Ronde qui, établi en 1739, mérite le titre de plus ancien de France.

On s’arrête sur la Place aux Herbes, ancien lieu de rassemblement du peuple, puis on découvre la grande place Notre Dame et la cathédrale romane mais remaniée qui va offrir quelque repos physique et spirituel. On remarque la chaise en bois sculpté dont le cul de lampe représente les iconographies des quatre évangélistes et surtout l’important ciborium de 14 m de haut bâti en molasse, sculpté en 1454.

À gauche de la cathédrale, la Chapelle Saint Hugues est ornée d’un vitrail représentant le Saint Évêque de Grenoble, âgé de 27 ans en 1084, accueillant Saint Bruno venant de Cologne et lui indiquant la Chartreuse pour fonder un monastère.

Au bout de la place Notre Dame, une fontaine dite des Trois Ordres, a été installée en 1888 pour le centenaire de la réunion des représentants du Clergé, de la Noblesse et du Tiers État du Dauphiné demandant la convocation des États Généraux un an avant Paris, ce dont les grenoblois sont fiers.

Sur l’importante et vivante place Grenette se situe la Fontaine des Dauphins chevauchés par des génies ailés et, en fin de parcours, on évoque un autre grenoblois célèbre, Henri Beyle, dit Stendhal (1783 - 1842) en découvrant la cour et la maison de son grand-père qui le recueillit, car orphelin à 7 ans. Cet enfant doué, qui n’aimait pas son pays natal, devient un secrétaire dévoué de Napoléon lors de ses campagnes européennes puis un des plus grands romanciers psychologues français.

Cette journée réussie et appréciée incite l’équipe d’animation paroissiale à préparer la sortie 2009.