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Edito de Mai 2014

 

Marie est bien la personne qui a le mieux communié à l'humanité du Christ. Sur le moment, elle n'a pas dû vivre la mort  de son fils comme manifestation de sa gloire. Avec les apôtres et les femmes qui l'entouraient, elle a dû attendre l'Ascension et la Pentecôte pour comprendre que c'est en cet instant de douleur que Dieu se révélait pleinement aux hommes. Dieu Père se donne en son Fils. Il n'est que don, qu'Amour et sur la croix Jésus nous remet l'Esprit.

 

Pour que les apôtres ne restent pas sur une impression de grandeur écrasante de la part du ressuscité, Jésus les retrouve en Galilée. Il les rejoint dans cette région où ils ont eu de grands moments de bonheur, des temps de proximité et de douceur extraordinaires. Et Jésus, en montrant ses plaies, en mangeant avec eux, en les retrouvant au bord du lac, en reprenant les mêmes routes, leur affirme très fort : « Je suis le même. Tout ce que nous avons vécu est éclairé par ma mort et ma résurrection, mais n'oubliez pas ces moments. » « Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » (Mt. 28 / 20)

Nous venons de fêter de tout notre cœur les trois jours saints du Christ. Il se donne en nourriture, il donne sa vie avant d'être relevé par son Père. Avec lui, en lui, c'est Dieu Père qui se donne. La résurrection est, de fait, un événement formidable qui éclaire notre rencontre de Dieu en son fils qui est venu parmi nous, qui a partagé jusqu'à notre mort.

Aujourd'hui, Jésus est avec nous. Il partage nos souffrances, nos joies, nos doutes, nos questions. Vivant, il reste sur nos routes. Il nous entraîne dans le courant d'amour trinitaire pour donner sens à tout ce que nous vivons, tout ce que nous partageons avec nos frères humains.

Qu'avec Marie, nous gardions confiance en tout instant. Que nos rencontres avec son fils soient de plus en plus fortes pour que nous soyons témoins de sa présence en humanité.

 

    Père, tu n'es que don, Tu te donnes en ton fils.

    En lui, tu nous rejoins en notre humanité.

    Dans ton immense amour tu te fais l'un de nous.

    Toute ta création rayonne ta présence.

    Dans chacun de nos êtres ton souffle nous rejoint.

    Le mal et la souffrance tu les cloues sur la croix.

    La lumière de ta vie éclaire nos chemins.

    Donne nous de marcher amoureux de la terre,

    solidaires de nos frères, en lien avec l'humain,

    porteurs de l'espérance ouverte en ton amour.

 Pierre Willermoz

En canonisant simultanément Jean XXIII et Jean-Paul II, selon le vœu de Benoît XVI, le pape François confirme Vatican II comme socle de l’Église. Jean XXIII avait convoqué et ouvert le Concile ; Jean-Paul II en mena l’application jusqu’à la fin de son pontificat.

Jean XXIII a eu un pontificat court (cinq ans à peine) mais visionnaire. Le souffle de nouveauté qu’il apporta ne concernait pas la doctrine, mais plutôt la façon de l’exposer. Il a initié un vrai dialogue avec le monde contemporain. Surprenant tout le monde en déclarant à la radio que l’Église devait être celle de « tous et particulièrement des pauvres ».

Jean Paul II, premier pape non italien depuis le XVIème siècle, a eu le deuxième pontificat le plus long de l’histoire (1978-2005). En parcourant le monde, il a redonné de l’élan à l’Église. Il a pour ainsi dire inventé un catholicisme des grands rassemblements, dont les Journées Mondiales de la Jeunesse demeurent l’éclatant symbole. Il a eu le bonheur de voir s’écrouler le mur de Berlin, insufflant un esprit de résistance pacifique dans les pays communistes qu’il visitait. Le dialogue interreligieux était pour lui un impératif. Le 27 octobre 1986, la rencontre d’Assise fut inoubliable. Il a contribué à ancrer dans la vie ecclésiale l’élan du Concile Vatican II, le présentant comme « une boussole pour notre temps ». Par sa vie d’homme enraciné dans la prière, il a su communiquer la joie de croire.