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Edito de Novembre 2014

Ces « vivants autrement » qui prient avec nous

Le mois de novembre débute chaque année pour nous par la Fête de la Toussaint suivie aussitôt du jour de prière pour les défunts. Au moment où la nuit prend de plus en plus possession des jours et où s’annonce l’hiver, ces deux temps de célébration viennent nous rappeler notre condition de mortels tout en nous aidant à saisir le sens de notre existence humaine. Temps de fête, c’est-à-dire de réjouissance, mais également temps marqué par la tristesse des séparations, ces deux journées touchent au plus intime de ce que nous sommes. Elles nous renvoient autant à notre espérance chrétienne qu’à nos solidarités entre vivants et morts, sans négliger ou mépriser nos angoisses naturelles devant la mort (la nôtre et celle de ceux qui nous sont chers).

En commençant par fêter « tous les saints » (il est naturel que nous en préférions certains plus que d’autres ; il y a le choix !), c’est-à-dire toutes celles et tous ceux, innombrables, connus et surtout inconnus, qui ont vécu dans l’amitié de Dieu, nous pouvons d’abord nous rappeler la vocation de chacun à savoir vivre dès aujourd’hui et pour toujours dans la proximité du Créateur. En effet, la sainteté, c’est-à-dire l’union au seul Saint, n’est pas un chemin réservé à quelques êtres exceptionnels, mais c’est bien l’état auquel nous sommes tous destinés.

À l’occasion de ces deux jours de célébration, nous sommes également invités à découvrir que tous ceux qui nous ont précédés dans l’épreuve de la mort restent en communion avec nous, et qu’ils gardent une capacité d’agir sous l’action de l’Esprit de Dieu qui les habite toujours. Car si la mort vient mettre une limite à nos existences terrestres, à nos corps corruptibles, à nos relations physiquement sensibles, elle ne  nous enferme pas pour autant sous les scellés de l’abîme ou du vide. L’enseignement évangélique et celui de l’Église nous enseignent que les morts entrent dans une nouvelle proximité avec Dieu. Placés dans la lumière de Celui-ci, déjà  illuminés par sa gloire, ils peuvent nous en faire profiter au moyen de leurs prières pour nous. Pouvant maintenant contempler le Christ Ressuscité et adhérer totalement à son mystère, ils ont la capacité d’intercéder pour nous, comme tous les saints officiellement reconnus. C’est ce que l’Église appelle « la communion des saints », c’est-à-dire la solidarité entre les vivants de ce côté-ci de la vie, et les vivants de l’autre côté de la vie.

Christian Delorme

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