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Edito de Juin 2018

Jacques, ordonné diacre

pour le service de l'Évangile et du peuple chrétien !

 

Ce 16 juin, en l'église de l'Annonciation à Vaise, notre ami Jacques Tyrol sera ordonné diacre pour le service de l'Évangile et du peuple chrétien dans le cadre du diocèse de Lyon, avec huit autres hommes aux « profils » très variés. L'aboutissement d'une déjà longue histoire, qui a commencé pour Jacques avec un essai de vie religieuse dans l'Ordre dominicain avant qu'il ne fasse le choix de l'engagement dans les liens du mariage (avec Sigolène) et l'ouverture à la paternité (avec leur fils Paul, maintenant un grand adolescent). Un temps journaliste, puis s'étant orienté vers la psychanalyse ; continuant à écrire (il vient de publier un ouvrage d'entretiens avec des moines bénédictins de la Pierre-qui-Vire) tout en exerçant depuis quelques mois le métier de psychothérapeute dans une institution de la Vallée de la Saône accueillant des jeunes gens, Jacques avance ainsi dans l'accomplissement de sa vocation d'homme et de chrétien. Avec lui et les siens nous nous en réjouissons et le félicitons. Notre Ensemble Paroissial de Cuire a d'autant plus de raisons de se réjouir, que Jacques est notamment destiné à mettre au service de nos communautés de Saint Romain et de Saints Côme et Damien une partie de ses nouvelles capacités. Le voilà, en tout cas, qui quitte le statut de laïque et qui entre dans un nouveau statut sacramentel, ecclésial et social: celui de membre ordonné du Corps du Christ et de membre du clergé.

On l'ignore souvent, mais dans l'histoire de l'Église... les diacres ont existé avant les prêtres, en ce sens que l'établissement de leur charge date du temps des apôtres de Jésus, quand ceux-ci, après la Résurrection du Seigneur, ont eu besoin d'aides pour prendre en charge les questions matérielles de la première Communauté chrétienne, et tout particulièrement le secours aux veuves (voir Actes des Apôtres, 6, 1-6 : l'institution de Etienne et de six autres compagnons).  Dans les premiers siècles de l'Église, cette fonction a revêtu beaucoup d'importance, et certains diacres se sont retrouvés en position d'autorité aux côtés de leur évêque (tel Saint Viateur avec Saint Just, évêque de Lyon au IVème siècle, tous deux morts martyrs en Égypte). Dans les Églises d'Orient, la fonction de diacre permanent n'a jamais été abandonnée, mais elle a surtout été réduite à des fonctions liturgiques secondaires. Dans l'Église Romaine Catholique, en revanche, durant plusieurs siècles, l'ordination diaconale n'a plus été accordée qu'en vue du sacerdoce, et c'est le Concile Vatican II qui a rétabli le diaconat permanent pour les Églises particulières le souhaitant. Alors que les Églises catholiques d'Afrique Noire ont préféré développer un autre ministère : celui des laïques catéchistes chefs de communautés de base, les Églises catholiques européennes, en revanche, aux premiers rangs desquelles l'Église de France, ont accueilli avec enthousiasme cette nouvelle opportunité. Ainsi, le diocèse de Lyon compte aujourd'hui près de quatre-vingt-dix diacres permanents, et dans les prochaines années il y aura plus de diacres que de prêtres diocésains au service de nos communautés !

Chaque vocation est unique, et les itinéraires comme les enracinements humains des diacres étant extrêmement divers et peu comparables, chaque diacre est amené à inventer progressivement son engagement diaconal, dans la fidélité à la confiance de l'évêque et en concertation avec les communautés au service desquelles il se retrouve. La plupart du temps, on traduit le vocable « diacre », d'origine grecque (« diakonos ») et latine (« diaconus »), par celui de « serviteur », ce qui n'est pas faux. Mais l'étymologie grecque de « diakonos » est encore beaucoup plus parlante, puisque l'idée exprimée est celle-ci : « courir à travers la poussière ». Bonne course, Jacques !

Christian Delorme

 

 

 

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